Kawaii culture, cool japan, geishas et samouraïs : pour en finir avec le Japon « entre tradition et modernité » – partie 1

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Photo personnelle : la devanture d’un magasin jouant sur les codes du japonisme « cool japan » et traditionnel – Kyoto – 2012

Étrange sujet pour un blog censé traiter d’écriture, je sais, mais pas tant que ça… car le texte que je vous présente ici est en fait un extrait de mon mémoire de Master 2, écrit voilà déjà 4 ans, et plus exactement la partie socio-historique qui introduit mon analyse sur les romans de SFFF japoniste. Corpus à l’étude : Thomas Day & Jean Millemann, notamment.

Et, littéraire ou pas, je me suis dit que ça pouvait vous intéresser… car il se peut que j’aie moi-même un roman japoniste en préparation, et qu’il soit le résultat d’un processus de réflexion longuement mûri. Ma question centrale étant depuis le début : puis-je écrire sur cette culture et dans ses univers sans l’orientaliser ? Si oui, suis-je légitime et, par ailleurs, seulement capable de le faire ?

Bref, la réponse se situera au bout de cette série d’articles… cela risque d’être un peu long, mais si vous aimez le Japon, et que vous vous intéressez aux stéréotypes dans les romans et les œuvres de fiction en général, cela devrait vous intéresser.
Note : le style est celui d’un mémoire universitaire… en relisant, ça m’a semblé accessible dans l’ensemble, j’ai donc laissé tel quel. En cas de souci, n’hésitez pas et envoyez les commentaires 😉

その研究の記事を読んでくれてありがとうございます。よろしくおねがいします。 ^__^


Saviez-vous que le mythe de l’Orient est un fantasme exotique fabriqué par l’occident ? On appelle ça l’orientalisme… et à l’orient de l’Orient se trouve le Japon, qu’étrangement, dans l’imaginaire collectif, on ne situe pas sur le même plan que le reste de l’Asie ou de l’Orient. Pourquoi ? Comment ? D’où ça vient et jusqu’où ça va ?
Réponses ci-dessous…

1) Orientalisme et Japon

a) La chimère d’un Japon « entre modernité et tradition »

Situé à l’Orient de l’Orient, mis à l’écart durant deux siècles d’autarcie[1], le Japon reste aujourd’hui encore un pays hors du monde et du temps. Si ses contours géographiques s’avèrent relativement stables du fait de son insularité[2], il n’en va pas de même pour son identité à l’échelle internationale. En effet, décrit comme un pays ultramoderne et conservateur écartelé entre un passé féodal et un présent dynamique, le Japon s’avère une nation aux contours identitaires flous pour tout occidental non averti. Il est souvent situé « entre modernité et tradition » dans les guides touristiques, une expression consacrée désormais vide de sens, puisque le Japon n’est plus un pays « entre modernité et tradition ». S’il l’a été, ce fut pour quelques décennies seulement, à partir de l’ouverture de Meiji en 1868 et jusqu’à la fin du xixe siècle, moment charnière où le Japon s’ouvre au monde. En moins de trente ans, le pays passa de la féodalité à la modernité, de la dictature militaire à l’État-Nation. Bien qu’assez courte, cette période laissera une trace durable dans les esprits tant japonais qu’occidentaux.

Au cours de ces années décisives, le Japon se cherche et se construit : abolition du système féodal, mise en place d’un nouvel État-Nation à l’occidentale, séparation de la religion et des affaires d’État, début de l’impérialisme japonais… un impérialisme difficile à mettre en place au sein d’un monde dominé par l’Occident, qui ne cèdera pas une once de terrain à l’Orient, qu’il considère comme un territoire à dominer. Conscient de sa position précaire, le Japon n’hésitera pas à changer pour survivre, et ce, à toute vitesse, au point que les citoyens japonais s’y perdront eux-mêmes. Cette période ne fut pas sans heurts, marquée par de nombreux échauffourées et assassinats, guerres civiles, etc. Le Japon de la période Meiji (1868-1912) est un pays en pleine crise identitaire et sociale, qui cherche à la fois son identité nationale et sa place dans le monde, qu’il considère comme complexe et hostile. Le pays parviendra néanmoins à nouer des contacts à l’étranger, renforcer son économie, développer son industrie, travailler à l’amélioration de son agriculture et favoriser les échanges commerciaux intérieurs et extérieurs. Pour mieux s’adapter, il enverra ses ingénieurs et ses scientifiques à l’étranger afin d’apprendre, de comprendre et de s’approprier les connaissances étrangères. Ce phénomène propre au pays du soleil levant s’appelle le wakonyôsai[3]. Au cours de ces décennies d’appropriation et de métamorphose, le Japon est bel et bien écartelé : désireux de se moderniser à tout prix, il n’en reste pas moins nostalgique du temps passé, et il n’est d’ailleurs pas faux d’affirmer aujourd’hui encore que le Japon reste nostalgique de ses anciennes valeurs. Néanmoins, cet écartèlement passé-présent n’est peut-être pas aussi naturel et légitime qu’il y paraît. N’y aurait-il pas quelque force à l’œuvre qui pousse le Japon, les Japonais et aussi l’Occident à croire à cette chimère d’un lieu suspendu quelque part « entre tradition et modernité » ?

Les clichés sont certes basés sur une réalité, mais celle-ci n’est souvent qu’un souvenir entretenu par la réactualisation via le cliché, lequel se résume ici à « entre modernité et tradition ». Mais qui ou quoi a permis à cette formule évasive de se hisser au rang de « profession de foi culturelle » du Japon, et quels sont les éléments qui le soutiennent ?

b) L’orientalisme et le Japon

Les clichés sont rarement maîtrisés par ceux qui en sont l’objet. Dans son essai majeur, L’Orientalisme[4], Edward Saïd explore l’idée d’un Orient fantasmé par l’Occident : cette vision occidentale de l’Orient serait une colonisation à la fois mentale et physique. L’orientalisme est une invention de l’Europe destinée, par un discours de domination qui restructure l’Orient à tous les niveaux, à démarquer l’Occident civilisé de l’Orient barbare. Il s’agit donc non pas d’un savoir pur mais d’un savoir politisé visant à rappeler la supériorité impériale de l’Europe sur ses voisins de l’Est. Le fait que l’on parle d’orientalisme mais jamais d’« occidentalisme » est par ailleurs révélateur : le monde se divise entre « nous » (les occidentaux) et « eux » (les orientaux), permettant ainsi d’obtenir une redéfinition du « nous » centre du monde en négatif de l’identité civilisationnelle et culturelle d’« eux ». L’orientalisme est donc à la fois une affirmation de soi (ici l’Occident) et une domestication d’« eux » en tant qu’objet exotique. Au cours de sa démonstration, Saïd précise qu’en s’emparant de la représentation de l’Orient à l’internationale au lieu de laisser l’Orient se définir par lui-même, l’Occident s’est placé en position dominante et a imposé au monde une certaine conception géopolitique dont il est le cœur et l’Empereur. Il s’agit là d’une colonisation culturelle et idéologique qui exerce sa force de persuasion tout à la fois sur l’Occident, l’Orient, et le consommateur occidental d’Orient.

Par ailleurs, l’orientalisme peut s’apparenter à l’ensemble de stéréotypes que nous avons entretenus au sujet de l’Orient tout au long du xxe siècle et que nous entretenons encore. L’orientalisme représente donc davantage une méconnaissance de l’Orient que l’inverse… Ainsi, dès la fin du xixe siècle, l’Orient orientaliste est perçu et défini comme mystérieux, étrange, sensuel, exotique, excessif, parfois barbare et rétrograde, etc. Il oscille entre l’ancien monde antique et le nouveau monde de Christophe Colomb, oscillation qui crée le mystère normatif qui caractérise l’Orient dans les esprits occidentaux. Mais il s’agit de figures vides, naïves, héritières de « l’orientophilie » de Napoléon Bonaparte, puis de la vague de chercheurs et de scientifiques qui se précipita en Orient (au sens large) afin de l’étudier et de le comparer à l’Occident. Saïd va jusqu’à affirmer que ces figures sont à l’Orient ce que des costumes sont au théâtre : vides, réductrices et fictives.

Mais peut-on étendre cet orientalisme au Japon ? Toujours d’après Saïd, la perception de l’Orient par les Occidentaux exclue l’Extrême-Orient de ses représentations, car le Proche-Orient et l’Extrême-Orient sont deux mondes aux conceptions bien trop différentes pour être comparables. L’Orient dont il parle est plutôt celui avec lequel l’Europe se trouve en contact géographique quasi-direct. Pourtant, L’Orientalisme de Saïd a connu une réception extraordinairement positive au Japon, où il existe quantité de commentaires et de traductions japonaises, dont la première fut effectuée en 1986 chez Heibonshal Ltd., soit tout juste huit ans après la parution de l’original. Il faut dire que, dans son ouvrage, Saïd n’est pas tendre avec l’Occident, et si L’Orientalisme a de ce fait été plus ou moins rejeté par les intellectuels occidentaux, il a été très apprécié en Orient pour cette même raison. En effet, les penseurs orientaux, qu’ils soient marxistes ou conservateurs, sont tous d’accord avec sa critique de l’Occident et de son impérialisme destructeur de civilisations. De plus, l’idée que formule Saïd est une idée ancienne et profondément ancrée au Japon dont Tenshin Okakura (1862-1913), alors considéré comme le porte-parole international de l’identité japonaise, s’empara dès 1905 dans l’un de ses essais : « L’Occident ne doit-il pas désapprendre au moins autant sur l’Orient que l’Orient doit apprendre de l’Occident ? […] il est triste de constater aujourd’hui combien d’idées fausses circulent encore nous concernant[5]. » Nul doute que si Tenshin Okakura était toujours en vie, il continuerait de se poser la même question, d’effectuer la même terrible constatation : les clichés sont malheureusement presque impossibles à tuer. Loin d’être une réalité culturelle, les clichés véhiculent une représentation extérieure et superficielle, entretenue par tout ce que la distance géographique et culturelle peut engendrer de déformations supplémentaires, oblitérant les réalités humaines, les individus, et faisant des lieux et des époques des espace-temps figés. Le Japon sera donc peut-être aux yeux du monde occidental, pour toujours et à jamais, le Japon du début de l’ère Meiji, « entre tradition et modernité ».

Ainsi, bien que les références de Saïd au Japon restent fragmentaires, il est certain que le concept d’orientalisme s’applique au Japon. De nombreux penseurs japonais s’en sont par ailleurs emparé. Parmi eux, Daisuke Nishihara de l’université d’Hiroshima souligne que jamais Saïd n’a envisagé qu’un pays oriental puisse retourner l’orientalisme contre l’Occident, ce qui est pourtant très exactement le tour de force que le Japon va réaliser au début du xxe siècle.

c) L’auto-orientalisme japonais : une stratégie de protection et d’affirmation

Bien que le Japon n’ait pas échappé à l’orientalisme tout comme les autres nations asiatiques, il constitue néanmoins une exception et se distingue de ses pairs : conscient dès après l’ouverture de Meiji en 1868 de la question de la représentation de l’Orient à l’étranger, il a su manipuler les représentations que l’Occident se faisait de lui. L’impérialisme japonais va consister à s’approprier les caractéristiques occidentales afin d’apparaître comme un pays occidental aux yeux du monde, alors même qu’il se situe en Extrême-Orient. La stratégie du wakonyôsai abordée plus haut n’est pas uniquement une stratégie de survie, elle relève aussi de la domination politique et culturelle. Force est d’en constater l’efficacité, puisque le Japon moderne possède dans l’inconscient collectif des caractéristiques aussi bien orientales qu’occidentales, ce qui se constate à tous les niveaux. Un exemple qui n’a certes rien de littéraire, mais frappe par sa double nature et son aspect interculturel est la fête du Nouvel An, apparue au Japon à la fin du xixe siècle. L’assimilation du calendrier occidental a provoqué l’apparition de cette fête dans le quotidien des Japonais, qui se sont empressés de se l’approprier. Si cette célébration a de commun avec nous sa date et sa signification, elle ne se manifeste pas sous les mêmes aspects. En Occident, nous prenons de nouvelles résolutions, tandis qu’au Japon, avant le 31 décembre, ils procèdent à un ôsôji[6], sorte de grand ménage de printemps qui tient lieu de rite de purification dans les écoles, les collèges, les lycées, au bureau, etc. Ils y consacrent traditionnellement une journée complète. De même, à minuit, au lieu de compter les secondes, les Japonais se rendent soit au temple bouddhiste, soit au sanctuaire shintoïste, afin d’y célébrer le hatsumôde[7], littéralement « première visite », consistant à adresser une prière traditionnelle à la divinité du lieu, puis à sonner la cloche. Cette tradition est tellement populaire qu’il faut le plus souvent faire la queue pendant des heures avant d’y parvenir. La nouvelle année n’est pas ouverte tant que la première visite au temple ou au sanctuaire n’est pas effectuée. Ces célébrations s’accompagnent de mets traditionnels réservés à cette période, comme les pâtes toshikoshi[8], littéralement « passage de l’année », qu’il est impératif de finir sous peine de mauvais augure, ou les mochi[9] à base de riz gluant.

Les exemples de ce type sont nombreux au Japon, qu’ils soient sociaux, économiques, politiques, technologiques, religieux ou artistiques. Ainsi, plutôt que de parler d’un pays « entre tradition et modernité », il serait plus approprié de dire « entre Orient et Occident ». Que ce soit à la fin du xixe siècle ou de nos jours, le Japon n’oublie jamais de rester lié tant à l’Asie qu’à l’Occident. Dans son article « Saïd, l’Orientalisme et le Japon », Daisuke Nishihara explique que « lorsque la nation veut insister sur la singularité du Japon, l’accent est mis sur l’esprit oriental. Lorsqu’il s’agit de civilisation, le Japon mène la politique d’un pays occidentalisé[10]. » Ainsi, l’opposition Orient/Occident devient beaucoup plus complexe qu’elle n’y paraît, d’autant plus que le Japon a adopté la vision de l’Occident vis-à-vis de l’Orient[11] et de ses pays voisins. Dès lors qu’il est établi que la stratégie de représentation du Japon fut consciente et organisée, il est permis de douter de l’intentionnalité des représentations du Japon en Occident. Dans le cas du Proche et du Moyen-Orient, l’histoire coloniale ne permet pas à ces pays d’adopter une position dominante vis-à-vis de l’Occident, c’est-à-dire qu’ils ont toujours été considérés comme des pays dominés culturellement, et donc patients. L’Histoire coloniale puis postcoloniale ne leur a jamais donné l’occasion de devenir agents de leur propre culture à l’étranger. Dans le cas de l’Extrême-Orient, il n’y a jamais eu de relation colonisateur/colonisé (ou agent/patient) entre l’Occident et le Japon. Bien que l’Occident soit considéré comme la culture dominante, cela est seulement effectif dans les pays où l’histoire coloniale a donné corps à cette idée, comme en Inde où l’influence de l’Angleterre est partout visible. Le Japon en tant que pays non colonisé a échappé à cette répartition des rôles arbitraire. Daisuke Nishihara instaure donc une sous-catégorie de l’orientalisme spécifique au Japon : « Au sein de l’orientalisme, les positions d’agent et de patient sont susceptibles de permutations, ce qui autorise une discussion de l’orientalisme japonais[12]. » L’agent serait le dominant/colonisateur, et le patient serait le dominé/colonisé. Or, la particularité de cet orientalisme japonais serait l’inversion de ces rôles, permise par l’absence de domination coloniale.

Ainsi, bien que l’Occident soit considéré comme une culture universelle dominante, il est certain qu’il n’a pas dominé le Japon dans le cas de ses représentations culturelles, puisque celles-ci reposent sur le socle de la singularité japonaise, singularité que le gouvernement de l’Ère Meiji (1868-1912) chercha à affirmer face au reste du monde. En revanche, il serait faux de considérer que le Japon a échappé à la domination de l’Occident en ce qui concerne sa civilisation, puisqu’il a été mentalement colonisé, et ce, de son plein gré, puisque lorsque le Japon s’est ouvert au monde, il a lui-même fait en sorte d’acquérir des savoirs occidentaux. Le Japon s’est modernisé à toute vitesse après l’ouverture de 1868, mais il s’est surtout américanisé de l’avis de la plupart des penseurs japonais. Parmi ces esthètes choqués se trouve Nagai Kafu (1879-1959), romancier et nouvelliste qui voyagea à travers les États-Unis et la France pendant de longues années et fit le récit de ses pérégrinations. Dans ses romans, une fois le narrateur revenu au Japon, celui-ci ne supporte plus son pays d’origine et éprouve du mépris pour ce Japon soumis et américanisé sur ses aspects extérieurs, mais pas en profondeur. Pour lui, les Japonais n’ont rien compris au monde occidental et le singent plus qu’autre chose. D’autre part, il considère les États-Unis comme un destructeur de civilisations et effectue alors une critique de l’occidentalisation qu’il perçoit comme une colonisation à part entière, rejoignant sans le savoir la théorie de Saïd et confirmant l’idée qu’un auto-orientalisme japonais existe, au sens où le Japon s’est présenté au reste du monde comme un pays occidental impérialiste. Nagai Kafu, déçu et dépité, sera à jamais exilé dans son propre pays : il rejettera la civilisation pour se réfugier dans la culture, c’est-à-dire les geishas, les samouraïs, les cerisiers en fleurs, etc. Tout comme lui, les Japonais iront jusqu’à embrasser les figures orientalistes qu’ils ont créées et transformées en représentants culturels internationaux. Par la suite, le Japon n’a pas cessé de « s’américaniser » puisque les États-Unis ont occupé le pays de 1945 à 1952, afin de démilitariser le Japon et de mieux le soumettre. L’engouement des américains pour les geishas ajouté à l’entrelacement progressif de ce milieu avec celui de la prostitution a participé à l’enracinement de certains clichés sur lesquels nous reviendrons.

L’orientalisme japonais est donc plus complexe qu’il n’y paraît : le Japon est à la fois son propre agent et patient, puisqu’il subit ses propres choix de représentations et de stéréotypes. S’il a échappé à l’hégémonisme culturel occidental lors de ses deux siècles d’autarcie, ce ne fut que pour mieux s’emparer du modèle de civilisation occidental et se hisser à son niveau. Ce double mécanisme, d’une part entre culture et civilisation, d’autre part entre les rôles d’agent et de patient, explique la position inédite du Japon d’aujourd’hui.


Prochaine partie : Geishas et samouraïs, les cas pratiques de l’auto-orientalisme japonais.

Pour me citer : Duquenne, Cécile. « Impérialisme japonais et auto-orientalisme », in Japonisme et science-fiction française au 21e siècle. 2014.


[1] 1641-1853, 鎖国 [sakoku], terme créé au xixe siècle, qui signifie littéralement « fermeture du pays ». Mise en place d’une politique isolationniste ordonnée par le Shogun Iemitsu Tokugawa (1604-1651).

[2] Hormis quelques îles éloignées, qui lui sont disputées par ses voisins, tels la Corée, la Russie et la Chine.

[3] L’assimilation (au départ forcée) des savoirs occidentaux par le Japon et les Japonais. 和魂洋才 [wakonyôsai], littéralement « esprit japonais – technique occidentale ». Voici ce qu’en dit Ôhara Yasuo, spécialiste de la modernisation du Japon : « Si l’on cherche dans un dictionnaire japonais, le « wakonyôsai » y est défini comme un mode de vie qui adopte ou rejette le savoir et les connaissances occidentales au sein d’un esprit propre aux japonais. Après l’ère Meiji, ce mot a été employé lors de l’assimilation des études occidentales. »

[4] Saïd, Edward W. L’Orientalisme : l’Orient créé par l’Occident, Paris, Points, 2013, 578 p.

[5] Okakura, Tenshin. The awakening of Japan, trad. John Murray, Londres, The Century Co., 1905, p. 4-5.

[6] 大掃除

[7] 初詣

[8] 年越し

[9]

[10] Nishihara, Daisuke. « Said, l’orientalisme et le Japon », Tumultes, 2010/2 n° 35, p. 190.

[11] Ce que nous pouvons qualifier ici d’auto-orientalisme.

[12] Ibid., p. 197

2 réflexions au sujet de « Kawaii culture, cool japan, geishas et samouraïs : pour en finir avec le Japon « entre tradition et modernité » – partie 1 »

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